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Semences : la confiance règne avec le TC

Chez Unéal, 40 % des semences vendues en colza sont des nouveautés.

Selon notre enquête Agrodistribution-ADquation, la première source d’information des agriculteurs pour choisir leurs variétés de semences reste le conseil du technico-commercial.

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Choisir une variété suppose de composer avec les contraintes pédoclimatiques, la rentabilité, les exigences des débouchés, les aléas météorologiques et l’innovation variétale. Dans ce flux d’informations, il n’est pas toujours évident d’identifier la génétique la plus adaptée à son exploitation. Alors pour faire le bon choix, les agriculteurs se tournent vers un interlocuteur privilégié : leur technicien. C’est ce que révèle notre baromètre Agrodistribution-ADquation : un agriculteur sur deux (51 %) s’appuie sur les conseils du technicien de son distributeur pour choisir ses variétés de semences, laissant loin derrière les résultats d’essais d’instituts techniques (22 %), les réunions techniques (11 à 16 %) ou encore les sites des semenciers (5 %). « Ce n’est pas surprenant, commente Béatrice Petit, déléguée générale Semae Sud-Est. Le conseiller est en lien direct avec l’agriculteur. »

Le TC décisif

Sur le terrain, le constat est même plus marqué. « Chez Unéal, nous ne sommes pas à 51 % mais plus près des 75 %, estime Guillaume Laloy, directeur approvisionnement chez Unéal. Les agriculteurs peuvent faire des recherches, mais le choix final se fait avec le technicien conseil. »

Un avis partagé par Laurent Perdriau, directeur commercial approvisionnement du groupe Isidore, qui juge ce pourcentage inférieur à la réalité. « Le choix des semences est très important parce que c’est là que commencent les discussions autour de la rentabilité économique de l’agriculteur », appuie-t-il. Car dans un contexte de réduction des intrants phytosanitaires, de retraits de matières actives et d’aléas climatiques croissants, « la semence est un vrai levier d’action pour faire évoluer les itinéraires et maintenir la productivité », poursuit-il.

L’expérimentation primordiale

Et si la confiance entre l’agriculteur et son TC est aussi forte, c’est parce que le conseil s’appuie sur une veille permanente. Chez Unéal, le service agronomique conduit chaque année plus de 50 essais d’évaluation variétale en céréales, maïs et oléoprotéagineux. « Les fournisseurs nous proposent des variétés en préinscription, parfois un à deux ans avant leur inscription officielle. Cela nous permet d’analyser, dans les différentes zones pédoclimatiques, le rendement, la qualité ou encore la précocité des variétés. Les agriculteurs savent que nos référencements variétaux sont bien étudiés », souligne Guillaume Laloy. Grâce à ce réseau d’essais, la coopérative référence, chaque année, plus de quatre variétés de blé, pareil en colza, et une à deux nouveautés en orge d’hiver. « Il faut avoir une gamme variétale ouverte car aucune variété n’est à l’abri d’une contre-performance », appuie-t-il.

Même logique chez Isidore. « Nous avons des essais en interne, par terroir, qui servent de support de conseil à nos technico, et une veille via les obtenteurs qui nous informent de l’arrivée d’innovations. Chaque année, notre offre intègre un tiers de nouveautés. Sachant que nous amenons de l’innovation uniquement lorsqu’il y a un gap technique et de rendement », précise Laurent Perdriau.

Les agriculteurs sont d’ailleurs attentifs aux innovations. Selon une étude ADquation (commandée par l’UFS et financée par Semae), 90 % d’entre eux s’y intéressent et se disent globalement satisfaits de l’offre actuelle en blé tendre et orge de printemps. Mais le rythme d’adoption varie selon les espèces. Chez Unéal, 40 % des semences vendues en colza et 30 % en maïs sont des nouveautés. En blé, la part tombe à 20 % par sécurité. « La dynamique est plus mesurée en blé. Il y a moins d’innovations et avec le contexte actuel, les agriculteurs ont besoin de se rassurer et de rester sur des variétés qu’ils maîtrisent », explique Guillaume Laloy.

« Alimenter les échanges »

Et si le technicien arrive en tête des sources d’information, Laurent Perdriau rappelle toutefois qu’il s’agit d’un travail collectif, mené entre les distributeurs, les obtenteurs, les semenciers et les instituts techniques.

Dans cette logique de partage des données, Semae a développé des OAD gratuits et libres d’accès, destinés à l’ensemble des acteurs de la filière. L’interprofession, en partenariat avec Arvalis et l’UFS, met ainsi à disposition VarMaïs, un outil en ligne de consultation des références de l’évaluation variétale issues des réseaux d’inscription et de post-inscription en France, et d’aide au choix des variétés de maïs grain et fourrage. Pour les prairies, Semae a développé Herbe-book. « Il référence l’ensemble des espèces et variétés prairiales. Le conseiller peut renseigner les critères correspondant aux besoins de l’agriculteur et obtenir une sélection de variétés notées, qu’il est ensuite possible de comparer. Il peut également concevoir les mélanges », présente Béatrice Petit. Un outil similaire est en cours de développement pour la pomme de terre.

Parce qu’ils sont en libre accès, ces OAD peuvent également être consultés par les agriculteurs. « Ils peuvent aller se renseigner sur des variétés et donc se conforter dans un choix ou alimenter les échanges avec le conseiller. »

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